Loin des écrans
#15. Écrire pour faire lumière
Il y a des silences qui durent plus longtemps que prévu.
Mon dernier message date du 25 janvier. Aujourd’hui, nous sommes le 2 mai.
Il s’est passé tant de choses… et pourtant, je n’ai pas trouvé les mots. Pas ici.
J’ai longtemps essayé d’écrire sur la fin de mon expérience professionnelle dans le “salariat”.
Elle s’est mal terminée. De manière brutale, douloureuse. Une sortie de route que je ne m’attendais pas à vivre comme ça.
J’ai essayé d’en parler. Plusieurs fois. Mais rien ne sonnait juste.
Je n’arrivais pas à aller au bout de mes phrases.
Et la vérité, c’est que… je n’en avais pas envie.
Pas envie d’écrire tout ça. Pas envie de raviver ce qui fait encore mal.
Pas envie de risquer de blesser, de froisser, d’être mal comprise.
Pas envie de raconter pour raconter.
Et surtout, je ne voulais pas que mon partage ajoute du bruit.
Parce que si je parle, c’est pour que ça soutienne, que ça éclaire, que ça console.
Pas pour me justifier. Pas pour régler des comptes.
Je n’ai d’ailleurs rien à régler à ce sujet.
J’ai réalisé que si je devais partager cette histoire un jour, ce ne serait pas pour moi.
Ce serait pour celles qui traversent une période similaire. Pour que mes mots soient utiles, soutenants, réparateurs.
Alors j’ai choisi le silence.
Un silence habité. Un silence nécessaire.
Et dans ce silence, j’ai écrit. Mais autrement.
J’ai repris un carnet, un stylo. J’ai retrouvé cette écriture sans public, sans pression.
Cette écriture qui ne cherche pas à plaire, ni à performer.
Celle qu’on laisse traîner comme un mot à soi-même sur le coin d’une table.
J’ai écrit dans l’intimité. Dans le vacarme de mes pensées.
Pour retrouver un chemin. Pour faire lumière. Pour me retrouver, moi.
Et c’est peut-être ça que je voulais vous dire, aujourd’hui.
Que parfois, ne pas parler est une forme de respect.
Que parfois, on se tait parce qu’on n’est pas prêt à faire du bien avec nos mots.
Et que c’est honorable.
L’écriture reste mon phare.
Même vacillante, même hésitante.
Elle me permet d’avancer, même si je suis encore un peu perdue.
Des mots posés comme des cailloux blancs. Pour me retrouver. Pour avancer, un peu à l’aveugle, mais toujours vers quelque chose de plus juste.
À celles qui vivent des tempêtes, qui ont dû partir, qui ont été abîmées :
Vous n’êtes pas seules.
Parfois, le courage, c’est juste d’être encore là.
De rester debout.
De respirer.
D’attendre que la mer se calme.
Et d’avancer encore.
Prenez soin de vous,
Nina

